L’UEHJ, partenaire du projet JUST AI-BLOC EU dont l’EIPA Luxembourg, Centre européen des magistrats et avocats, assure la gestion, a participé à la deuxième formation Train the Trainers qui s’est tenue en ligne le 2 juillet 2026. Plus de cent participants, juges, avocats et huissiers de justice venus de toute l’Europe, ont pris part à cette journée de formation.

Le projet JUST AI-BLOC EU, intitulé « Judiciary Utilising Smart Technologies: AI and Blockchain for Optimised Compliance in the EU » et cofinancé par l’Union européenne, vise à renforcer la capacité des juges, procureurs, avocats et huissiers de justice de l’Union européenne à appréhender l’intelligence artificielle et la technologie blockchain dans le secteur de la justice. Il se déploie sur deux années à travers des séminaires d’anglais juridique, des ateliers de formation de formateurs et des conférences régionales interprofessionnelles.

La matinée a été ouverte par Madame Cristina M. Mariottini de l’EIPA, qui a présenté le cadre réglementaire établi par le règlement européen sur l’intelligence artificielle, ses objectifs, les pratiques interdites, les systèmes à haut risque et les mécanismes d’innovation tels que les bacs à sable réglementaires.

Jos Uitdehaag et Patrick Gielen, tous deux experts et respectivement premier Vice-président et Secrétaire général de l’UIHJ, ont participé activement à cette formation. Patrick Gielen a présenté les applications concrètes de l’intelligence artificielle dans l’exécution forcée, de l’analyse de données pour la recherche des avoirs numérique et au traçage des cryptoactifs, en passant par la vision par ordinateur pour l’inventaire des biens saisis, l’optimisation des ressources et l’intelligence artificielle générative dans la rédaction des actes. Son message central rappelait que le professionnel humain doit rester maître de la décision, en s’appuyant notamment sur la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, la Charte éthique de la CEPEJ et les principes de l’European Law Institute. Jos Uitdehaag a ensuite traité des enjeux éthiques et sociaux de l’intelligence artificielle, en abordant les biais des données et l’équité, la vie privée et la surveillance, la responsabilité et la transparence, ainsi que les droits fondamentaux et la non-discrimination, illustrés par des affaires marquantes en Europe et au-delà.

L’après-midi a pris une tournée résolument pratique sous la conduite de la Professeure Nadia Rusinova, qui a consacré sa session aux techniques de formation sur des sujets juridiques complexes. Elle y a partagé les meilleures pratiques en matière d’apprentissage et de conception de programmes, ainsi que des méthodes permettant de rendre accessibles des matières juridiques et techniques exigeantes à des publics variés, avant d’ouvrir un forum d’échanges nourri entre les participants. La journée s’est conclue par un exercice interactif au cours duquel les participants ont conçu leurs propres mini-modules de formation, présentés et discutés collectivement. Les futurs formateurs repartent ainsi non seulement avec un contenu solide sur l’intelligence artificielle et l’exécution forcée, mais également avec les outils pédagogiques nécessaires pour transmettre efficacement ces connaissances dans leurs pays respectifs.